Léonor de Récondo et moi

Léonor de Recondo et moi (1)

Ça fait bien longtemps que j’ai envie de vous faire cet article, mais comme l’exercice me semble un peu périlleux, je dois vous avouer que j’ai repoussé plusieurs fois le moment de la rédaction. Mais comme il me faut être courageuse (et je dois avouer que ma lecture d’Outlander me donne une motivation énorme – en plus d’un crush immense sur Jamie…), me voilà face à mon écran d’ordinateur, un mug de café au lait de riz à côté de moi, et de la musique agréable dans les oreilles.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de Léonor de Récondo. Je n’ai encore jamais fait d’articles portant sur des auteurs ou des autrices, parce que ça m’effraie beaucoup de condenser l’œuvre d’une personne en quelques lignes, j’ai peur de ne pas leur rendre correctement justice, et je ne me sens absolument pas légitime pour dire « telle personne écrit bien, telle personne non ». Mais, si je me risque à cet exercice aujourd’hui, c’est parce que Léonor de Récondo est l’une de mes autrices préférées, et que j’avais envie de partager mon attachement à son œuvre avec vous. Malheureusement je ne pourrais pas vous parler de tous les romans de Léonor de Récondo (elle en a écrit quatre au total), puisque je n’arrive pas à mettre la main sur son premier roman, je ne peux vous parler que de ses trois autres romans (ils sont d’ailleurs tous disponibles en poche). Je ne me sens absolument pas qualifiée pour vous parler de Léonor de Récondo en tant que personne (et puis j’estime que la personne qu’elle est n’a pas d’influence sur la qualité de ses œuvres), je peux juste vous dire qu’en plus d’être autrice, elle est violoniste (et d’après ce que j’ai lu sur internet, elle est plutôt reconnue).

Ce qui est tout d’abord impressionnant chez Léonor de Récondo, c’est sa capacité à parler de sujets très variés, à conduire à chaque fois son lecteur/sa lectrice dans des univers différents. Il n’y a pas deux personnages qui se ressemblent, et il n’y pas deux histoires qui sont identiques, ce que je trouve vraiment incroyable et très appréciable.

« L'amour est là, où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque là les contraignaien (4).png

J’avais découvert Léonor de Récondo avec Pietra viva, et j’avais été totalement aspirée par ce livre. Dans Pietra viva, on suit Michelangelo (LE Michelangelo !) lors d’un voyage à Carrare, dans le but de sélectionner des marbres pour une commande faite par le Pape Jules II. Ce dernier vient tout juste de perdre Andrea, un jeune moine dont la beauté le fascinait (et, on le comprend assez vite, dont il était amoureux), et est complètement bouleversé. Pendant ce voyage, on découvre le quotidien de cet artiste : la journée, il négocie le prix des meilleurs blocs de marbre, il se joint aux tailleurs de pierre, les aide à lire la montagne, et le soir il se plonge dans ses lectures, ressassant la mort d’Andrea. C’est un roman qui est assez « contemplatif », dans la mesure où l’on vit, on respire, au même rythme que Michelangelo. On suit son deuil, on le voit évoluer, et on le voit donner libre court à ses émotions au fur et à mesure. C’est un livre plein de sensibilité, et qui se présente comme une vraie réflexion sur la beauté.

« L'amour est là, où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque là les contraignaien (3)

J’ai ensuite lu Rêves oubliés, lors de mes vacances en juin, et une fois de plus, je me suis pris une claque monumentale. Rêves oubliés se déroule dans les années 1930, juste avant l’arrivée au pouvoir de Franco en Espagne et la seconde guerre mondiale. On y suit le quotidien d’une famille cherchant à fuir l’avancée franquiste. Le roman s’articule principalement autour du couple Ama/Aïta, de leurs enfants, des parents d’Aïta et de ses frères. Comme les frères d’Aïta sont des opposants politiques, il faut fuir, il faut se protéger, et il faut donc quitter l’Espagne. Ama est prêt à tout pour sa famille, et pour lui la seule chose qui compte c’est d’être ensemble (la phrase « Être ensenble, c’est tout ce qui compte » revient d’ailleurs tout le long du roman, se présentant comme leur seule raison de vivre). La fuite de cette famille s’opère en deux temps : d’abord à Hendaye, puis dans les Landes, et chaque nouvelle migration mettra les personnages face à de nouveaux obstacles, de nouvelles choses à surmonter. Rêves oubliés est un roman un peu particulier, puisque le récit du quotidien de la famille est entrecoupé de morceaux du carnet d’Ama, carnet dans lequel elle évoque sans détour ses sentiments, ses souvenirs, ses secrets. Ce qui est frappant dans ce roman, c’est qu’il aborde plein de sujets variés, et toujours avec une justesse remarquable. Dans Rêves oubliés, il est en effet question de l’engagement politique (et plus particulièrement de la résistance), de la difficulté liée à la fuite de son pays, mais aussi la nostalgie qui accompagne ce déracinement. C’est un roman puissant et fort, et j’ai bien souvent eu envie de pleurer en le lisant, parce que la pureté des mots et des expressions me touchaient au plus profond de moi-même.

« L'amour est là, où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque là les contraignaien (2).png

Je ne vais pas vous reparler d’Amours, j’ai peur de me répéter, alors je vous renvoie vers ce que j’avais écrit à propos de ce roman dans mon article « bilan des six mois de lecture ».

Il m’est difficile de vous expliquer à quel point j’aime l’écriture de Léonor de Récondo, mais je vais tout de même essayer de vous le dire un petit peu, avec probablement beaucoup de maladresse et de formulations hasardeuses. L’écriture de Léonor de Récondo est une écriture toute en simplicité, en justesse et en pureté. Je me permets de parler d’écriture « pure », puisque je trouve que l’écriture de Léonor de Récondo est une écriture précise, sobre, et qui frappe exactement où il faut. C’est une écriture qui touche en plein cœur, comme si Léonor de Récondo parvenait à mettre des mots sur des sentiments ou des impressions universels, sans en faire trop. Elle ne tombe jamais dans un « trop », il n’y a jamais de pathos comme on peut le voir parfois chez d’autres auteurs. Je trouve également qu’elle parvient à exprimer la puissance et l’intensité des sentiments humains (amour, haine, passion, amitié, affection, tristesse, colère…) avec une clarté sans nulle pareille. Ce qui me plaît beaucoup avec Léonor de Récondo, c’est qu’elle donne aux plus petites choses du quotidien une beauté infinie. J’ai parfois eu la chair de poule (bon, je suis une grande sensible, il faut l’avouer) en lisant des passages descriptifs de deux personnages se regardant, ou bien se touchant, parce qu’à chaque fois l’amour que ces personnages éprouvaient l’un pour l’autre se ressentait au travers de l’écriture de Léonor de Récondo.

Tout dans son écriture résonne en moi, et c’est l’une des rares autrices qui me donne envie de recopier des passages entiers de ses livres. Chaque livre de Léonor de Récondo m’a laissée – après sa lecture – dans un état d’harmonie et d’apaisement total. C’est difficile à exprimer, mais je crois que son écriture est réellement cathartique pour moi. Je m’y plonge entièrement, corps et âme, et une fois le livre refermé, je me sens parfaitement bien, je me sens apaisée, et j’ai l’impression que tout en moi est aligné. Je conviens bien que c’est un sentiment très personnel, et que peut-être que vous n’éprouverez pas la même chose que moi à la lecture, mais je suis sûre que la beauté de l’écriture de Léonor de Récondo vous sautera aux yeux.

J’espère que cet article vous aura plu, et vous aura donné envie de découvrir les (très beaux) romans de Léonor de Récondo ! Je suis désolée, le blog fonctionne un peu au ralenti ces derniers temps, j’espère que vous ne m’en voulez pas trop.

Plein d’amour.

  • Rêves oubliés, 6€50 en poche (plus d’infos ici)
  • Pietra viva, 6€50 en poche (plus d’infos ici)
  • Amours, 6€90 en poche (plus d’infos ici)

 

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8 réflexions sur “Léonor de Récondo et moi

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